CAMISOLE DE FRANCE

CAMISOLE DE FRANCE est une initiative d’artistes, de critiques d'art et d’intellectuel·les, visant à œuvrer contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et ses causes profondes. Pour contribuer à une telle dynamique, nous proposons un séminaire qui se déroule dans des contextes académiques, artistiques ou militants, où un·e invité·e propose de se confronter à la plaie réactionnaire ou fasciste à partir d’œuvres d’art ou de créations visuelles.

Ce qui nous mobilise dans la situation actuelle n'est pas une théorie unique au sein de laquelle nous serions installé·es et uni·es. En s'intéressant à la singularité d’œuvres et à des artistes, CAMISOLE DE FRANCE tente de traverser cette époque mortifère en se frayant un chemin susceptible de bouleverser l’asphyxie imposée par la fascisation ambiante.

Programme des séances

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°11

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°10

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°9

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°8

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°7

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX

Nom de l'artiste
Titre de l'intervention

Description de l'intervention.

Biographie des intervenant·es.

Image de la brochure n°6

Nom de l'artiste, Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.

Lieu
À compléter
Accès
À compléter

Le 05.06.26 de 14h à 17h
Université Toulouse Jean Jaurès,
La Fabrique

Étienne Cliquet

Fiche, fichier, fichage

Cette séance du séminaire est organisée autour d’une exposition d’Étienne Cliquet au CIAM / La Fabrique, du 27 mai au 5 juin (vernissage dans le cadre du WEACT - réseau PinkPong, le mercredi 3 juin). Pour cette exposition, Étienne Cliquet présente deux meubles à fiches ayant appartenu à la police et plusieurs séries de fiches en rapport avec la surveillance depuis les fiches perforées jusqu'aux smartphones, des années 30 à aujourd'hui. Cette nouvelle série découle de recherches sur l'idéologie de l'Allemagne nazie, le culte de la technique porteuse à la fois de violence, de racisme et de rendement productif, ce dont témoigne les avancées techniques de fichage utilisées dès 1933 pour le recensement de la population jusque dans les camps de concentration à la fin de la deuxième guerre mondiale, visant à la fois les personnes juives et de nombreuses catégories de la population jugée « non performante ». Aujourd'hui, à plus d'un titre, certains aspects de la technologie et du travail productif sous le capitalisme résonnent avec la vision du national-socialisme.
Le cadre des recherches artistiques et théoriques d'Etienne Cliquet concerne son intérêt de longue date pour l'histoire de la fiche, des fichiers et du fichage comme système. Le recours à la fiche érudite remonte à la Renaissance, avant qu'elle soit utilisée dans les bibliothèques. La police s'empare de la technique du meuble à fiches (fichier) vers la fin du XIXe siècle, en France et en Italie, pour identifier et contrôler les « récidivistes », les « étrangers » et les « subversifs ». Dans les régimes fascistes et totalitaires au XXe siècle, le fichage constitue un dispositif de répression et d'internement voire d'extermination. Aujourd'hui, le fichage commercial et policier s'est généralisé avec la numérisation et les réseaux. Même les parents fichent leurs enfants par GPS.
Dans l'art contemporain, le recours à la fiche correspond à la naissance de l'art conceptuel. Card file de Robert Morris, en 1967, est souvent considérée comme la première œuvre conceptuelle en tant qu'elle est constituée uniquement de textes. À la même période, Stanley Brown, Art & Language ou Anne Darboven produisent des fichiers et d'autres artistes depuis comme Mark Lombardi, Tehching Hsieh, Christian Boltanski, Ulises Carrión, Trevor Paglen, Suzanne Treister.

Étienne Cliquet vit et travaille à Toulouse, où il enseigne également à l'isdaT. Depuis une vingtaine d'années, il utilise différents moyens d'expression avec une attention prépondérante pour le processus et le contexte, le passage entre art et non-art dans une perspective influencée par l'art conceptuel. Sa démarche est marquée par le déploiement de l'industrie informatique et d'Internet en quelques décennies, un nouveau stade de la mondialisation des flux auquel il est de moins en moins possible d'échapper. Ses recherches récentes adoptent un point de vue plus explicitement critique vis-à-vis de l'asymétrie de cette mondialisation capitaliste et son versant répressif. L'importance qu'il accorde à l'histoire des fiches, des fichiers et des techniques de fichage en témoigne. Son travail s'inscrit à la fois dans des lieux d'art (Grande Halle de La Villette en 2004, Glassbox en 2008, iMal et fondation François Schneider en 2013, Printemps de septembre en 2016, Centre photographique Rouen Normandie en 2018), dans l'espace public (peintures murales dans le datacenter Clumeq de Québec en 2013, 1% à l'Université Paul-Sabatier de Toulouse en 2015, intervention sur le bateau de la Déparleuse à Nantes en 2024), dans des milieux non artistiques (participation à des conventions d'amateurs d'origami) et sur le Web (œuvres en ligne sur le site Internet du Mudam en 2002, sur le site du Magasin Cnac en 2005). En parallèle de sa pratique individuelle, il intervient régulièrement dans des projets collectifs (démos avec le collectif Téléférique de 1999 à 2005, conventions aR depuis 2015 et séminaire Camisole de France depuis 2022).

Image de la brochure n°5

Étienne Cliquet, Fichage fasciste - l'invention d'un métier (échantillon), 2026, impression laser sur papier 200 gr, 7,5 x 12,5 cm. (Archives numérisées de l'ITS, Arolsen Archives, DE ITS 1.1.5.9).

Lieu
CIAM / La Fabrique, Université Toulouse Jean Jaurès
Accès
5 All. Antonio Machado
Métro Mirail — Université

Le 22.05.26 de 14h à 17h
Université Toulouse Jean Jaurès

Émilie Goudal

Embraser les regards, renverser les Voix du Silence

Réunissant l’ensemble de ses écrits sur l’art sous le titre Les Voix du silence (Paris, Gallimard, 1951), André Malraux, écrivain et premier ministre des Affaires culturelles de la Ve République dès 1959, souligne et affirme de ce geste d’écriture un certain mutisme des œuvres d’art. Dans ces écrits, la question de la modernité tient évidemment un rôle central, tout particulièrement dans sa confrontation aux arts pensés au sein d’une classification civilisationnelle tout à fait discutable. La place des « fétiches », sous-entendu des arts dits extra-occidentaux, au sein même du Musée Imaginaire y est interrogée : « Il ne s’agirait plus alors de savoir quelle serait la place de ces arts (…) s’ils trouvent la pleine voix de leur prédication, ils n’envahissent pas le musée : ils le brûlent. » (Malraux, 1951 : 541). Au-delà de l’embrasement des musées présagé par Malraux, cette rencontre propose d’embraser les regards à l’appui d’une sélection d’œuvres contemporaines qui éclairent des points aveugles de l’histoire (post)coloniale de la Ve République, touchant ainsi les limites d’une tautologique « modernité coloniale », qui façonne encore notre présent. « Embraser les regards, renverser les voix du silence » vise ainsi à aborder les strates et recouvrements des récits enfouis ou invisibilisés, et tente de poser, dans le sillage de la proposition de Gayatri C. Spivak, cette interrogation : et si les images, lieux et œuvres pouvaient parler par-delà les voix d’un silence institué ? De l’exposition coloniale de 1931 aux centres d’identification ou camps de regroupement en Algérie, jusqu’au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, des propositions artistiques critiques portées par Léopold Lambert, Dalila Mahdjoub, Estefanía Peñafiel Loaiza et Beth Weinstein se font traces et lieux de résistance à l’invisibilisation et mise sous silence de ce que la Cinquième République — née en 1958 en contexte de guerre en Algérie — porte encore en elle d’héritages au présent du régime colonial de gouvernance..

Émilie Goudal est professeure junior titulaire de la chaire « Imaginaires émancipés » à l’université de Lille (CEAC). Ses travaux se concentrent sur les interpénétrations entre arts, politique et enjeux de mémoire(s) (Allemagne, Algérie, France, Etats-Unis), ainsi que sur les questions de restitution et de « patrimoine partagé » depuis le contexte de la décolonisation. Elle est l’autrice d’une thèse, parue sous le titre Des Damné(e)s de l’Histoire. Les arts visuels face à la guerre d’Algérie (Dijon, Les Presses du réel, 2019) et co-curatrice, avec Natasa Petresin Bachelez, de l’exposition Ces voix qui m’assiègent… (Cité internationale des arts, Paris, 2024 ; Institut français d’Algérie, Alger, 2025).

Image de la brochure n°4

Estefanía Peñafiel Loaiza, Et ils vont dans l'espace qu'embrasse ton regard : signaux de fumée, vidéo HD, 37 min, 2016.

Lieu
Université Toulouse Jean Jaurès, bât. Olympe de Gouges, salle GH011
Accès
5 All. Antonio Machado
Métro Mirail — Université

Le 20.04.2026 de 16h à 19h
à l'ISDAT

Emilia Héry

De la fragilité. Pratiques artistiques contemporaines face à la hantise du corps fragmenté

Les individus d'extrême droite se sentent menacés par le monde en changement qui les entoure, ont peur d'être atteints par l'autre, d’être déconstruits par les idées progressistes, et tentent en réaction de rassembler leur corps. Dans cette conception, un lien s’établit par extension entre l'individu et la nation : la hantise du corps fragmenté est aussi la hantise de la fragmentation du corps social. Cela s'exprime dès le début du XXe siècle dans un proto-fascisme qui se retrouve, par exemple, dans les écrits de Maurice Barrès, en particulier dans sa trilogie du Culte du moi. Aujourd'hui, nous avançons l’idée que c’est cette même hantise qui pousse les masculinistes à proposer des corps solides, musclés, à revenir à des règles de vie rigides et ascétiques. Ce qui s'exprime alors est bien cette même peur de la fragmentation, cette volonté de reprendre le contrôle de soi et du monde environnant.
La montée des mouvements masculinistes aujourd’hui, qui se structurent de plus en plus à l’image des Active Clubs (nés aux États-Unis après 2017), est un phénomène à observer conjointement à la montée de l’extrême droite en France. Ces groupements d’entraînement sportif sont guidés par la volonté de mener une régénérescence de la civilisation blanche. Pour eux, l’héroïsation de la maîtrise du corps, diffusée sur les réseaux sociaux touchant un jeune public, et par conséquent la création d’une norme définie par un corps masculin musclé et massif, sont des moyens de défendre une idéologie néofasciste. Celle-ci vise une renaissance nationale perpétuelle, ou pour reprendre le terme employé par Roger Griffin, une palingénésie. Ainsi, que peut l’art face à la construction d’un imaginaire collectif reposant sur la normalisation du corps musclé et puissant ?
Cette séance posera deux hypothèses. La première est que c’est par l’implication du corps dans l’acte artistique que l’artiste est lae plus à même de combattre les effets de l’idéologie d’extrême droite dans la société. La deuxième est que c’est lorsqu’une œuvre montre un corps fragile, parfois vulnérable, qu’elle rend possible la création d’un autre imaginaire social et politique, prenant en compte la question fondamentale — et face à l’extrême droite, subversive — du soin.

Emilia Héry est Maîtresse de conférences en histoire de l'art contemporain à l'Université Toulouse Jean Jaurès, docteure en histoire de l’art (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), membre du laboratoire FRAMESPA (UT2J). Elle est spécialiste de la mémoire traumatique du fascisme dans l'art contemporain. Elle est l’autrice de L’imaginaire du fascisme. Les représentations du fascisme dans l’art italien de l’après-guerre à aujourd’hui (éd. Mimésis, 2025) et a codirigé l’ouvrage collectif Vous avez dit fasciste? Formes et traces des fascismes aujourd'hui (avec G. Chielli et C. Razous, Presses universitaires du Midi, 2026)..

Image de la brochure n°3

Sophie Ristelhueber, Every One #3, 1994, photographie, 270 x 180 cm.

Lieu
ISDAT
Institut supérieur des arts et du design de Toulouse
Amphi B
Accès
5 quai de la Daurade
31000 Toulouse
métro Esquirol

Le 06.02.26 de 14h à 17h
Université Toulouse Jean-Jaurès

Antoine Hoffmann

Images tamisées
La construction des narratifs visuels réactionnaires

Dans son récent ouvrage Ce que veulent les Français, le pressenti candidat du Rassemblement National pour les élections présidentielles françaises de 2027, Jordan Bardella, écrit qu’« il n’est plus tolérable de céder aux pressions médiatiques », en évoquant les phénomènes de bavures policières. Pour quiconque suit l’actualité avec un minimum d’esprit critique, la chose a de quoi amuser tant les lignes rédactionnelles des sphères de l’information sont alignées sur l’agenda politique réactionnaire du postulant. La sortie, donc, surprend mais elle obéit à l’idée d’un assaut contre le visible, une stratégie réfléchie afin de dompter les images et d’en renverser le contenu discursif. Fragment d’une nouvelle politique des images, l’attaque aux médias porte en elle-même le programme du parti et annonce la couleur brune du ciel de demain. Cette intervention d'Antoine Hoffmann visera à explorer ce recalibrage du partage du sensible, de la construction d’une hégémonie culturelle et visuelle dans lesquelles le vrai devient un moment du faux. Elle s’appuiera sur un corpus varié, puisant dans les visuels créés par les partis réactionnaires, par leurs supporters et diffusés sur les réseaux sociaux, comme sur ceux pensés par leurs adversaires, à la fois dans et hors du champ de l’art et du militantisme.

Antoine Hoffmann est artiste-chercheur, docteur en arts plastiques, enseignant en arts visuels à l'Université de Strasbourg et membre des groupes de travail Cultures visuelles et L’art traversé par le politique.

Image de la brochure n°2

Antoine Hoffmann/SekuOuane, Hashtag les petites annonces, Strasbourg, 2021.

Lieu
Univ. Toulouse Jean Jaurès
Maison de la Recherche
Salle A306
Accès
5 All. Antonio Machado
Métro Mirail — Université

Le 06.12.25 de 14h à 17h à Trois‿a

CAMISOLE DE FRANCE
Valentine Leray
Alex Less

Valentine Le Ray, Alex Less, deux artistes, deux parcours, l'une en fin d'études en école d'art, l'autre en activité depuis 20 ans. Tous les deux mettent la politique au centre de leur travail — notamment de leurs dessins — d'une manière directe, avec une persévérance à vouloir en découdre avec la violence d'État, le patriarcat, le capitalisme et l'extrême-droite. La séance du séminaire CAMISOLE DE FRANCE le samedi 6 décembre à Trois‿a leur est consacrée, en discussion avec Étienne Cliquet. Ils viendront nous montrer leur travail, en parler, en discuter et répondre à celles et ceux qui voudront bien partager ce moment de réflexion pour tenter d'œuvrer contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et ses causes profondes.

Image de Camisole de France

Alex Less, Never call the police again (détail), 2025 / Valentine Le Ray, Fascisme / Capitalisme, 2025.

Lieu
Trois‿a
3A rue de Turin
31500 Toulouse
trois-a.net
Accès
Bus ligne 39, arrêt Arago
Métro ligne A, station Marengo SNCF

Brochure n°0

Aperçu PDF

Le 15.11.25 de 14h à 17h à Trois‿a

CAMISOLE DE FRANCE
Étienne Cliquet
Jérôme Dupeyrat
Julie Martin
avec Emilia Héry

Lutter depuis le champ de l'art

Cette première séance du séminaire sera l'occasion de revenir sur le projet CAMISOLE DE FRANCE (2022), qui en est la source, et de présenter les enjeux de cette nouvelle proposition. Nous discuterons collectivement à partir d'un texte écrit pour l'occasion — entre note d'intention et manifeste — et d'une sélection d’œuvres proposée en correspondance.

Image de Camisole de France

Marcel Broodthaers, Fémur d'une femme française, 1965, fémur humain peint, 9,05 × 43,2 × 8,9 cm

Lieu
Trois‿a
3A rue de Turin
31500 Toulouse
trois-a.net
Accès
Bus ligne 39, arrêt Arago
Métro ligne A, station Marengo SNCF