CAMISOLE DE FRANCE est une initiative d’artistes, de critiques d'art et d’intellectuel·les, visant à
œuvrer contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et ses causes profondes. Pour contribuer à
une telle dynamique, nous proposons un séminaire qui se déroule dans des contextes académiques,
artistiques ou militants, où un·e invité·e propose de se confronter à la plaie réactionnaire ou
fasciste à partir d’œuvres d’art ou de créations visuelles.
Ce qui nous mobilise dans la situation actuelle n'est pas une théorie unique au sein de laquelle
nous serions installé·es et uni·es. En s'intéressant à la singularité d’œuvres et à des artistes,
CAMISOLE DE FRANCE tente de traverser cette époque mortifère en se frayant un chemin susceptible de
bouleverser l’asphyxie imposée par la fascisation ambiante.
Séances à venir :
• 20 avril 2026, 16h-19h, à l'ISDAT : Emilia Héry, "De la fragilité. Pratiques artistiques contemporaines face à la hantise du corps fragmenté"
• 22 mai 2026, 14h-17h, à l'Université Toulouse Jean Jaurès : Émilie Goudal, "Embraser les regards, renverser les voix du silence"
• 5 juin 2026, 14h-17h, CIAM La Fabrique - Université Toulouse Jean Jaurès : Étienne Cliquet
Programme des séances
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
Nom de l'artiste
Titre de l'intervention
Description de l'intervention.
Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
Nom de l'artiste
Titre de l'intervention
Description de l'intervention.
Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
Nom de l'artiste
Titre de l'intervention
Description de l'intervention.
Biographie des intervenant·es.
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Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
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Biographie des intervenant·es.
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Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
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Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
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Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
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Titre de l'intervention
Description de l'intervention.
Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le XX.XX.XX — de XXh à XXh — XXXXX
Nom de l'artiste
Titre de l'intervention
Description de l'intervention.
Biographie des intervenant·es.
Nom de l'artiste,
Nom de l’œuvre, date, matériaux, taille, etc.
Lieu
À compléter
Accès
À compléter
Le 20.04.2026 de 16h à 19h
à l'ISDAT
Emilia Héry
De la fragilité. Pratiques artistiques contemporaines face à la hantise du corps fragmenté
Les individus d'extrême droite se sentent menacés par le monde en changement qui les entoure, ont peur d'être atteints par l'autre, d’être déconstruits par les idées progressistes, et tentent en réaction de rassembler leur corps. Dans cette conception, un lien s’établit par extension entre l'individu et la nation : la hantise du corps fragmenté est aussi la hantise de la fragmentation du corps social. Cela s'exprime dès le début du XXe siècle dans un proto-fascisme qui se retrouve, par exemple, dans les écrits de Maurice Barrès, en particulier dans sa trilogie du Culte du moi. Aujourd'hui, nous avançons l’idée que c’est cette même hantise qui pousse les masculinistes à proposer des corps solides, musclés, à revenir à des règles de vie rigides et ascétiques. Ce qui s'exprime alors est bien cette même peur de la fragmentation, cette volonté de reprendre le contrôle de soi et du monde environnant.
La montée des mouvements masculinistes aujourd’hui, qui se structurent de plus en plus à l’image des Active Clubs (nés aux États-Unis après 2017), est un phénomène à observer conjointement à la montée de l’extrême droite en France. Ces groupements d’entraînement sportif sont guidés par la volonté de mener une régénérescence de la civilisation blanche. Pour eux, l’héroïsation de la maîtrise du corps, diffusée sur les réseaux sociaux touchant un jeune public, et par conséquent la création d’une norme définie par un corps masculin musclé et massif, sont des moyens de défendre une idéologie néofasciste. Celle-ci vise une renaissance nationale perpétuelle, ou pour reprendre le terme employé par Roger Griffin, une palingénésie.
Ainsi, que peut l’art face à la construction d’un imaginaire collectif reposant sur la normalisation du corps musclé et puissant ?
Cette séance posera deux hypothèses. La première est que c’est par l’implication du corps dans l’acte artistique que l’artiste est lae plus à même de combattre les effets de l’idéologie d’extrême droite dans la société. La deuxième est que c’est lorsqu’une œuvre montre un corps fragile, parfois vulnérable, qu’elle rend possible la création d’un autre imaginaire social et politique, prenant en compte la question fondamentale — et face à l’extrême droite, subversive — du soin.
—
Emilia Héry est Maîtresse de conférences en histoire de l'art contemporain à l'Université Toulouse Jean Jaurès, docteure en histoire de l’art (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), membre du laboratoire FRAMESPA (UT2J). Elle est spécialiste de la mémoire traumatique du fascisme dans l'art contemporain. Elle est l’autrice de L’imaginaire du fascisme. Les représentations du fascisme dans l’art italien de l’après-guerre à aujourd’hui (éd. Mimésis, 2025) et a codirigé l’ouvrage collectif Vous avez dit fasciste? Formes et traces des fascismes aujourd'hui (avec G. Chielli et C. Razous, Presses universitaires du Midi, 2026)..
Sophie Ristelhueber, Every One #3, 1994, photographie, 270 x 180 cm.
Lieu
ISDAT
Institut supérieur des arts et du design de Toulouse
Amphi B
Accès
5 quai de la Daurade
31000 Toulouse
métro Esquirol
Le 06.02.26 de 14h à 17h
Université Toulouse Jean-Jaurès
Antoine Hoffmann
Images tamisées
La construction des narratifs visuels réactionnaires
Dans son récent ouvrage Ce que veulent les Français, le pressenti candidat du Rassemblement National pour les élections présidentielles françaises de 2027, Jordan Bardella, écrit qu’« il n’est plus tolérable de céder aux pressions médiatiques », en évoquant les phénomènes de bavures policières. Pour quiconque suit l’actualité avec un minimum d’esprit critique, la chose a de quoi amuser tant les lignes rédactionnelles des sphères de l’information sont alignées sur l’agenda politique réactionnaire du postulant. La sortie, donc, surprend mais elle obéit à l’idée d’un assaut contre le visible, une stratégie réfléchie afin de dompter les images et d’en renverser le contenu discursif. Fragment d’une nouvelle politique des images, l’attaque aux médias porte en elle-même le programme du parti et annonce la couleur brune du ciel de demain. Cette intervention d'Antoine Hoffmann visera à explorer ce recalibrage du partage du sensible, de la construction d’une hégémonie culturelle et visuelle dans lesquelles le vrai devient un moment du faux. Elle s’appuiera sur un corpus varié, puisant dans les visuels créés par les partis réactionnaires, par leurs supporters et diffusés sur les réseaux sociaux, comme sur ceux pensés par leurs adversaires, à la fois dans et hors du champ de l’art et du militantisme.
—
Antoine Hoffmann est artiste-chercheur, docteur en arts plastiques, enseignant en arts visuels à l'Université de Strasbourg et membre des groupes de travail Cultures visuelles et L’art traversé par le politique.
Antoine Hoffmann/SekuOuane, Hashtag les petites annonces, Strasbourg, 2021.
Lieu
Univ. Toulouse Jean Jaurès
Maison de la Recherche
Salle A306
Accès
5 All. Antonio Machado
Métro Mirail — Université
Le 06.12.25 de 14h à 17h à Trois‿a
CAMISOLE DE FRANCE
Valentine Leray
Alex Less
Valentine Le Ray, Alex Less, deux artistes, deux parcours, l'une en fin d'études en école d'art, l'autre en activité depuis 20 ans. Tous les deux mettent la politique au centre de leur travail — notamment de leurs dessins — d'une manière directe, avec une persévérance à vouloir en découdre avec la violence d'État, le patriarcat, le capitalisme et l'extrême-droite.
La séance du séminaire CAMISOLE DE FRANCE le samedi 6 décembre à Trois‿a leur est consacrée, en discussion avec Étienne Cliquet. Ils viendront nous montrer leur travail, en parler, en discuter et répondre à celles et ceux qui voudront bien partager ce moment de réflexion pour tenter d'œuvrer contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et ses causes profondes.
Alex Less, Never call the police again (détail), 2025 /
Valentine Le Ray, Fascisme / Capitalisme, 2025.
Lieu
Trois‿a
3A rue de Turin
31500 Toulouse
trois-a.net
Accès
Bus ligne 39, arrêt Arago
Métro ligne A, station Marengo SNCF
Brochure n°0
Le 15.11.25 de 14h à 17h à Trois‿a
CAMISOLE DE FRANCE
Étienne Cliquet
Jérôme Dupeyrat
Julie Martin
avec Emilia Héry
Lutter depuis le champ de l'art
Cette première séance du séminaire sera l'occasion de revenir sur le projet CAMISOLE DE FRANCE
(2022), qui en est la source, et de présenter les enjeux de cette nouvelle proposition. Nous
discuterons collectivement à partir d'un texte écrit pour l'occasion — entre note d'intention et
manifeste — et d'une sélection d’œuvres proposée en correspondance.
Marcel Broodthaers,
Fémur d'une femme française, 1965, fémur humain peint, 9,05 × 43,2 × 8,9 cm
Lieu
Trois‿a
3A rue de Turin
31500 Toulouse
trois-a.net
Accès
Bus ligne 39, arrêt Arago
Métro ligne A, station Marengo SNCF